Je l’ai aimé dès le premier jour comme au deuxième et ce jusqu’à la nuit des temps. Je ne peux continuer à lui cacher la vérité, continuer de faire semblant de ne rien ressentir. Etre capable de lui avouer mes sentiments, lui dire à quel point je l’aime avant qu’il ne soit trop tard. On se connait depuis des années, on ne s’est jamais quitté. Sauf que l’amour est imprévisible et peut nous condamner à ne jamais plus espérer aimer de nouveau…

A toi,

Avant de te rencontrer, la vie me paraissait sans éclat. Je me résignais à croire que c’était ainsi, que rien ne viendrait changer cela… Que l’amour n’appartenait qu’aux autres et que je n’étais pas faite pour aimer ou être aimée en retour… Tant de fois, j’ai essayé d’y croire, me persuader qu’à mon tour l’amour me toucherait, me saisirait sans que je ne m’en rende compte. Mais au final, les larmes ont perlé sur mon visage. Les déceptions n’ont fait qu’accroître ma prison de désillusions. On m’a abîmée, on m’a tant déçue, que je ne voulais plus aimer. Me protéger c’était tout ce qui me restait et c’est ainsi que j’avançais…

Quand l’amour nous apparaît telle une évidence…

Et puis un jour, tu es apparu tel un mirage, une illusion, sur laquelle je ne trouvais point mes mots. J’osais à peine te regarder ni même te parler. Je souhaitais qu’une chose : barricader mon cœur de ce poison nommé l’amour ! Impossible pour moi de céder à ce pincement que je ressentais à chaque fois que je te voyais. A chaque minute de ma vie, je pensais à toi mais m’avouer plus que ça je ne pouvais pas…

C’était si compliqué de me dire que j’étais foudroyé par ton charme, que des frissons envahissaient ma peau quand tes mains me frôlaient… Comment te déclarer que mes nuits étaient baignées par ton empreinte. Que je trouvais la force de t’aimer que dans mes rêves. Je n’ai su que me taire pour éviter de briser le peu d’espoir qui me restait. Alors, je t’ai laissé partir à la reconquête de l’amour, sans même essayer de te retenir…

Quand l’amour n’est qu’à sens unique…

Et puis, nous sommes devenus amis. Nous étions si proches, si près l’un de l’autre, que j’apprenais à m’en contenter… T’avouer mes sentiments et risquer de te perdre à tout jamais, m’étaient impossible. Tu étais le seul qui me donnait l’impression d’exister, le moteur qui me donnait la force d’avancer. T’imaginer loin de moi, c’est comme m’imaginer inerte dans mon propre corps. Cette vision me paralysait, alors j’ai décidé d’enfouir mon amour, de te laisser libre sans aucune chaîne. J’ai fait semblant de ne rien ressentir, de jouer ce rôle qui me collait à la perfection.

Tu me parlais de tes histoires sans lendemain et je souriais comme pour m’interdire de te maudire. Je t’en voulais de ne pas comprendre ce que je ressentais à ton égard. Je m’en voulais de m’accrocher à cet amour interdit, ces sentiments qui écorchaient de plus en plus mon cœur. Quand tu me racontais tes expériences avec ces femmes, je te donnais le change, je t’encourageais même à t’engager. Qu’elle conne j’ai pu être ! Mais je ne pouvais prétendre le contraire. Je dissimulais la vérité d’une main de maître car t’avouer mon amour me terrifiait. Je me contentais de ces instants d’amitié avec toi, de ces fous rires à pas d’heure et de cette complicité sans égale. Jamais, un homme n’avait réussi à me donner foi en lui en si peu de temps et surtout indéfiniment…

Lorsque le verbe « aimer » devient trop compliqué à conjuguer…

Ce jour que je redoutais tant, arriva ! Je t’attendais sur notre banc, plongée dans mes songes quand je vis ton ombre s’approcher. Je relevais mes yeux, heureuse de te voir mais depuis cet instant, mes rêves se sont échoués pour disparaître en éclats… Elle était là auprès de toi, main dans la main, à ma place, celle qui depuis des mois m’était interdite ! Vous étiez si amoureux, si unis par vos sentiments, que je n’avais qu’une envie : m’enfuir, abandonner tout ce pourquoi je vibrais… Tu ne voyais pas mon mal, sans doute trop préoccupé par la beauté de cette femme.

Depuis ce jour, je me suis éloignée comprenant que cela en devenait trop pour moi. Je passais mon temps à interpréter ma vie sans même la vivre. Je t’en voulais de t’aimer, d’avoir pu croire qu’un jour cela serait réciproque… Comment j’avais pu me convaincre de persister en ce sens ? Je m’étais empêchée d’aimer par le passé car l’amour m’avait condamné et avec toi j’en ai oublié ma propre rationalité. Même si nous n’étions qu’amis, j’en étais satisfaite mais au fond ce n’était qu’une pure folie… J’ai retardé l’échéance de la souffrance comme pour me permettre de me nourrir de mon amour. Je te hais comme je t’aime et jamais plus je ne t’oublierai…sauf qu’à jamais je m’éloignerai !

Quand l’amour perdure et qu’on ne peut le refouler…

Je t’ai abandonné, toi, l’homme que j’aimais et que j’aime encore. Mais je n’arrivais plus à supporter le poids de cet amour et ainsi je me suis obligée à l’enterrer pour ne plus souffrir… Tu n’as pas compris et tu as tout fait pour me retenir. Mais je me suis interdite de flancher alors je t’ai laissé seul sur ce chemin. Je le regrette tant à cet instant, mais rompre le fil de mes sentiments était le seul choix pour m’échapper de ton emprise. Durant tous ces jours qui défilaient je saignais, ton absence me rendait dingue. J’ai tout fait pour ne pas céder à l’envie de te revoir. Or, te savoir avec elle, m’anéantissait, pire encore brisait mon âme.

Pourquoi je sens ce mal me ronger les veines alors que je devrais être heureuse pour toi ? Pourquoi je te souhaite de souffrir autant que moi, de ne jamais réussir à te rétablir ? Je me sens si ignoble de penser ainsi, si folle que ton bonheur me bouffe encore et toujours… Que suis-je devenue ? Je me perds sans toi et je m’engouffre dans la pénombre auprès de toi…

A toi, l’homme que j’ai perdu pour me protéger, ne m’en veux pas de ne pas avoir su me contrôler. J’aurais pu te crier mon amour, comme j’aurais pu l’oublier ! Mais tu es si cher à mes yeux que je n’ai su y renoncer. J’ai tant prié les cieux pour que tu puisses voir mon amour, que tu puisses me le rendre en retour. Sauf que la vie ne fait point de cadeaux alors j’ai accepté le poids de ce fardeau.

Quand l’amour est plus fort que la raison…

Quelques mois sont passés, je ne m’en suis pas remise mais j’ai su me reconstruire. La vie est si terne sans toi, si difficile à me satisfaire mais c’est ainsi…c’était mon choix ! En parallèle, j’ai voulu soigner ma cicatrice, soulagé cette lassitude. Alors je me suis laissée emportée dans les sillons de l’amour. J’ai fréquenté un tas d’autres hommes pour t’oublier mais rien n’y faisait, toi seul me comblais ! J’errais dans ma vie comme une âme en peine cherchant du réconfort dans d’autres bras. Sauf qu’ils n’avaient pas ton odeur, tes mots et ce regard si pénétrant qui m’assaillent encore lorsque je ferme les yeux…

Toi, mon meilleur ami, mon héro, ma moitié. Toi qui as toujours su m’écouter, m’épauler quand tout dérapait dans ma destinée. Je suis désolée d’être partie sans m’être retournée mais je n’avais plus le choix. Il fallait que je réfléchisse, que je m’éloigne de ma hantise. Et loin de toi, je n’ai fait que me perdre, de me mentir à moi-même. Oui j’ai été lâche de ne rien te dire, lâche d’avoir cru que j’étais capable d’oublier un homme comme toi. Que veux-tu c’est quand on perd ce qui nous anime qu’on se rend compte de sa rareté et du bien qu’il nous faisait !

Comment lui avouer mes sentiments quand mon cœur en souffre !

Je te veux tout simplement tel que tu es, tel que tu as toujours été. Je ne veux plus le taire, car ce silence ne fait que ronger mon âme. Etre loin de toi, c’est comme s’il me manquait une partie de moi. Je t’aime, un point c’est tout ! Je ne cherche pas à devenir ta reine, le mériterais-je même ? T’aimer était devenue mon enclume et pour m’en délivrer, il ne me restait plus qu’à les exprimer… Chaque fois que je repensais à toi, je me noyais dans mes larmes car je ne respirais qu’à travers toi. Sans toi, c’est comme une vie où rêver n’existe pas alors rend moi mon sourire, ma joie de vivre. Reviens moi je t’en prie même si ce n’est qu’en tant qu’amis, je ne peux vivre sans toi !

Tu étais ma force face aux épreuves, la clé de mes espérances. Je t’aime, toi ma vie, mon âme, l’emblème de mes désirs. Mon soleil s’est éteint, le vide m’encercle et qu’est ce qu’il me reste ? Nos souvenirs et ces ratures qui dessinent ce décor si inanimé. Et puis on se connait si bien toi et moi ! Ne me dit pas que cette femme t’aimera mieux que moi ? Qu’elle saura te comprendre aussi bien que moi ? Non, ne me fait pas croire qu’elle est ce joyau auquel tu aspirais depuis ta jeunesse ? S’il te plait, repense à nous, à tout ce que l’on s’était dit sur l’amour ! Je t’aime plus que personne ne t’aimera.

Quand l’amour nous foudroie en plein cœur

A toi,

Que dire maintenant quand tout est trop tard, quand tu me laisseras seule, sans toi, durant le reste de ma vie. Je viens d’apprendre que tu vas bientôt te marier avec elle. En ouvrant le carton d’invitation, je n’ai su qu’étaler ma peine sur le sol. Je n’ai pu retenir mes larmes et l’envie de tout foutre en l’air. Pourquoi je t’ai laissé pendant des mois sans aucune nouvelle ? Pourquoi j’ai été si faible face à mes sentiments ? J’ai voulu les étouffer par peur que tu me rejettes et aujourd’hui je t’ai perdu à tout jamais. Je tairais mon amour jusqu’à la fin et jalouserais celle qui m’a retiré l’espoir de t’appartenir.

Je te hais comme je hais votre amour. J’ai décidé qu’à tout jamais je rayerai ton nom, je l’effacerai de mon cœur pour ne plus entendre mon âme te réclamer. A tout jamais, je t’oublierai. A tout jamais je te maudirais pour me permettre de cicatriser cette plaie ouverte, qui m’a condamnée à ne plus croire au fait même d’aimer !

Je rangerai ces mots dans cette boîte, sans jamais te les faire parvenir… Je resterai murée dans le silence et les regrets de n’avoir jamais pu te délivrer mon amour. Un jour qui sait, peut être nos chemins se recroiseront… Je ferai semblant de tourner mon chemin pour ne plus jamais revoir ton visage, celui qui m’a fait croire en l’amour comme il me l’a repris aussitôt…

A toi, à moi et à cet amour que tu ne sauras jamais…