A tout jamais… ces mots résonnent dans ma tête pour noircir davantage ce tableau qui me parait si sombre et sans solution possible. A tout jamais, cet être cher nous a quittés, il s’en est allé sans demi-tour possible, sans même que l’on puisse lui dire nos adieux et vient cette période nommée le deuil…

Cet article, je ne le rédige pas pour vous apporter des réponses, pour vous conseiller à mieux vivre votre deuil, car cet acheminement selon moi ne peut que s’effectuer par le temps et l’acceptation de ce drame. Même si le concept de l’acceptation me parait difficile voir même impossible. Comment pourrais-je cautionner son départ ? Comment pourrais-je vivre sereinement sans le revoir ne serait-ce qu’une fois ? Je ne supporte pas le poids de ses adjectifs qu’on sort à tout bout de champs ! Comment vivre sans sa présence ? Comment continuer d’avancer sans sa voix, ses conseils, son image ? Ne plus entendre ses pas, son humour et mieux encore essayer de faire comme si de rien n’était face aux autres ?

« Pourquoi la vie nous inflige ces tortures ? Pourquoi certains partent si tôt tandis que d’autres profitent de leur existence sans encombre ? C’est si injuste lorsque l’on est envahit par la peine de se dire qu’on aura plus aucune discussion, plus aucune dispute…plus rien juste les souvenirs qui nous assaillent… »

L’annonce, le départ, nos adieux

Le dernier jour de notre insouciance, de ces sourires sincères, de ces petites joies que nous offraient la vie…tout cela s’est envolé au moment où on vous annonce que tout est fini ! Tout vos espoirs, toutes vos croyances s’envolent comme pour s’échouer sur une île en une fraction de seconde. On ne réalise pas ce qui nous arrive, on se dit que ce n’est pas possible. Que quelques instants auparavant, il était là devant nous et maintenant nous ne voyions plus que son corps inanimé. Je n’ai pas envie d’y croire, non, je ne veux pas abdiquer et me dire que tout est terminé. Non, ça ne peut pas lui arriver. C’est un cauchemar, je vais me réveiller, s’il vous plait sortez-moi de mes songes…

A bout de bras, à bout de force, on se persuade que tout peut encore changer, que la donne n’est pas totalement jouée. Le mot espérance n’a jamais autant fait écho dans son esprit mais au fil des secondes, des minutes, des heures on se rend compte que rien ne sera plus jamais comme avant. On crie, on pleure, on est sous le choc, on est paralysé et même parfois on fuit pour ne pas voir cette réalité qui nous assassine !

Dire adieux, se dire que tout est foutu ! Que plus rien ne pourra soigner cette blessure, cette plaie, cette souffrance. On ne veut plus croire à un potentiel lendemain ! Fini le sens même de la vie, plus rien à faire ! Tout ce qui m’importe c’est de pouvoir éteindre ce pincement, cette compression de mon âme mais rien n’y fait, j’ai mal et ce mal me ronge sans aucune trêve, sans aucune rémission !

Les jours qui passent, qui s’écoulent…

S’accrocher au moindre signe, à sa spiritualité pour essayer de tout bonnement subsister. On regarde le ciel, on hurle son nom et on se demande pourquoi ?

« Pourquoi, nous a t’il abandonné ? Pourquoi n’est-il pas resté auprès de nous ? »

Aucune réponse ne peut faire taire nos questionnements car seul l’au-delà en possède les clés. Alors pour se punir, on regrette, on interprète tout nos actes à son égard comme la potentielle cause de son départ. On s’en veut, on en veut au cours des choses… On a cette colère qui nous brûle, cette culpabilité de continuer à devoir vivre sans cet être ! On se blâme de tous les maux, on condamne nos actes du passé en retraçant tout notre parcours avec lui. Tant de regrets se percutent dans notre esprit, pourquoi je n’ai pas été plus présent ? Pourquoi j’ai pu être si dur à certains moments ? Pourquoi je n’ai pas assez profité de lui ? Pourquoi je ne lui ai pas crié mon amour ? Des remises en causes sans relâches, on se fustige dans tous les sens comme pour se punir qu’il n’est plus !

Le temps, la vie continuent, reprennent leur cours. On doit s’y complaire sauf qu’on en est incapable. Notre peine, notre rage ne font que nous rappeler ce que la terre nous a retiré. Avancer sans lui, c’est comme accepter qu’il ne soit plus parmi nous ! Même si cela n’est pas la stricte vérité, nous savons que nous y sommes contraints malgré tout !

Se projeter, plus jamais ! A quoi bon ? Tout s’est effondré et je devrais m’amuser à tout refaire ? Cette force je ne l’ai plus ! Je veux quitter le navire, je veux qu’il revienne, je veux le revoir mais tout cela reste en suspend et se persuader de continuer est tout le contraire qu’exprime notre cœur !

Vivre par défaut et tôt ou tard peut-être vivre tout simplement !

Au fil des mois, le mal de vivre, on s’y accommode même s’il nous malmène, même s’il nous rend différent de qui on était auparavant ! Chacun ses réactions, certains vont étouffer leur peine quand d’autres la sortiront de différentes manières. D’autres vont vouloir fuir, s’entourer d’un nouvel environnement comme pour essayer d’occulter le poids de l’absence ! On a beau tout faire pour tenter d’oublier, rien n’y fait, on ressentira toujours ce manque qui nous bouleverse, nous chamboule et cette sensation d’avoir perdu plus qu’une partie de soi-même.

Rien ne retira ce poids car vous dire le contraire serait irréaliste mais avec le temps votre deuil ne sera plus aussi pénétrant, aussi saisissant mais deviendra votre partenaire de route. On n’oublie jamais celui qui nous a quittés mais on apprend à vivre à travers ses souvenirs, le fait qu’il restera toujours dans notre cœur. On ne pourra jamais le remplacer car une place intacte, il gardera dans notre être.

Je penserai toujours à lui, toujours à cet homme qui m’a permise de devenir celle que je suis. Jai eu tant de regrets, tant de peines que même à l’écriture de ces mots, mes larmes n’ont cessé de couler. Il fallait que j’écrive, que je vide ce sac que j’ai enfoui en moi. J’ai si mal malgré le temps qui passe mais je me raccroche à l’idée de le rendre fier. Je m’accroche à cette envie de marcher sur ses pas. Je sais qu’il me voit, qu’il est auprès de moi ! Même si parfois il m’arrive d’en douter, je me persuade qu’après la mort, un autre chemin y est lié !

Ne restez pas seul, entourez vous ! Je n’ai que ça à vous préconiser…

Accepter votre peine, votre désarroi et n’essayez pas d’être fort, cela ne fera que ressortir plus tard sans que vous vous y attendiez. Parlez de cette personne, faites là vivre au quotidien ! N’étouffez pas votre passé, il n’est pas source de douleurs mais ce qu’il vous reste de l’être absent, ce que vous avez partagé avec lui !

Le deuil, c’est une relation qui s’éteint physiquement, un adieu d’une personne que l’on aime et qu’on aimera à tout jamais. Mais ce lien continue dans l’au-delà, continuez d’écrire votre histoire pour vous mais surtout pour lui ! Pensez à ce qu’il aurait voulu de bon pour vous ! Il croyait en vous, en vos choix alors ne le décevez pas ! Je sais qu’il n’est plus là pour vous rassurer, pour vous aider, pour vous entourer mais il reste malgré tout près de vous d’une manière indescriptible pour inspirer l’ensemble du reste de votre vie !