Lettre d’amour d’un homme qui a perdu la femme de sa vie, la femme qui lui avait donné l’espoir de recréer un monde n’appartenant rien qu’à eux. Il l’aimait, oh ça oui il l’aimait, mais il a suffit d’un instant, d’une seconde pour que le cours du destin lui retire la seule chose qui lui redonnait foi en l’humanité…

Ma vie,

Par où commencer quand mon coeur crève par ton absence, par la disparition de ton sourire et surtout par ces regrets qui me pèsent à chaque seconde qui passe. Je n’ai jamais été bon pour exprimer mes sentiments, jamais doué pour trouver les mots justes et surtout ceux qui sont à la hauteur de l’amour que je ressens pour toi.

J’ai été le roi des cons, ce genre de gars qui pense qu’aimer ressemble plus à de la faiblesse que l’essence même du bonheur. Tu m’as donné ton coeur, ton âme, ton corps et qu’est ce que j’ai su te donner en retour ? Des larmes, des envies de tout foutre en l’air et pire encore ton auto-destruction. J’ai passé mon temps entre la rue, les femmes et les autres mais ces autres tu n’y étais jamais. Jamais, je ne passais du temps avec toi malgré que ce temps à l’heure où je t’écris ces mots, je tuerai pour le passer auprès de toi.

Je voulais te préserver de qui j’étais réellement, te protéger du monstre qui sommeillait en moi depuis tant d’années. J’ai jamais su aimer mais avec toi je sentais que cela devenait possible et que ses sentiments resteraient ainsi malgré tout. Mais la lâcheté m’a conduit à ne rien te montrer pour ne pas me crasher et devenir ces mélancoliques écorchés par la peur de rouvrir ces foutues plaies provoquées par les désillusions de l’amour. Alors j’ai paradé et j’ai patienté que tu daignes enfin m’abandonner pour ne jamais risquer de sombrer car je m’étais attaché à ton ancre en secret.

Je n’ai jamais été le roi des loveurs et encore moins celui qui aurait su soigner ton coeur. Tu as tout fait pour moi, même ce qui me semblait impossible, t’y parvenais à chaque fois. Et qu’est ce que je t’ai rendu en retour ? Que du vent, de la poussière et rien d’aussi beau que tes yeux qui se posaient sur moi dans cette atmosphère psychédélique que je te faisais vivre au quotidien. Tu m’aimais pour qui j’étais, tu m’aimais d’un amour véritable, d’un amour unique, qui moi seul l’a rendu chaotique…

Et maintenant qu’est ce qu’il me reste ?

Qu’est ce qu’il me reste bordel, quand tous ces réveils ressemblent à un châtiment qui se perpétue de jour en jour. Je joue le grand devant les gens, je joue cette comédie qui me colle à la peau car la peine au coeur, c’est ma seule force pour ne pas que je cède au poids de cette torture si profonde. Je t’ai manqué de respect, comme j’ai manqué de tact quand je n’ai fait que de te rabaisser pour mieux me glorifier.

Toi, tu ne voulais qu’une chose, mon amour et que je t’appartienne pour de bon. Toi, tu ne souhaitais qu’être mienne sans toutes ces questions de strass et paillettes, sans toutes ces salamalek, juste toi et moi, vrais et unis jusqu’à la muerte…

La muerte, c’est ce que j’aurais voulu. Te voir vieillir, te voir porter mon enfant et surtout te rendre tout l’amour que tu as été la seule à m’apporter. J’ai joué l’égoïste par sécurité car j’ai toujours eu peur de trop aimer, toujours eu peur de me faire avoir en ayant tout donné. Et qu’est ce qui s’est passé dans ma réalité ? Tu es parties sans même te retourner, sans même me faire tes adieux comme si j’étais un foutu étranger.

Je t’en veux mais au fond tout était prévisible. Comment garder l’étincelle qui illumine ta vie si tu ne fais que de la fuir ? Tu as pris la meilleure décision pour toi mais la pire pour moi. Mais c’est la dure loi de l’amour. Les règles, je les connaissais mais les appliquer, très peu pour moi.

Souffrir ?

Je n’ai fait que ça alors pourquoi continuer ? Mais qu’est que c’est bête quand j’y repense car à force de vivre avec ces blessures du passé, on se condamne à les revivre et ce, ainsi de suite. Et puis, on passe à côté de la femme de sa vie, on se dit que c’est rien pour se rassurer, qu’elle n’en valait pas la peine, qu’une autre saura taire nos cicatrices du passé. Mais que dalle en faite car quand tu rates le coche de l’amour, tu auras beau l’implorer pour qu’il te revienne un jour, tu pourras même tendre tes mains vers les cieux, rien ni personne ne te redonnera la chance que tu n’as pu saisir quand elle s’est présentée à toi.

A qui t’en prendre ? Toi et toi seul car tu as eu la prétention de croire que tout était acquis dans la vie et que rien ne disparaît pour les fiers comme moi. A tort ou à raison, je ne peux qu’être en colère, qu’avoir la haine d’être aussi faible. Car oui je le crie, aimer et le démontrer  à l’autre, c’est ça la réelle force d’autrui et non de faire le beau pour fuir le peu de bonheur que la vie nous offre à ses heures.

Mais tout est fichu et ce, quand cette maudite porte a claqué et que cet écho ne fait que résonner encore et encore dans mon esprit comme pour me rappeler le poids de ma lâcheté. Le poids de cet homme blessé qui a préféré ignorer ce qui perdait, au lieu d’affronter et de combattre comme un vrai Homme qui sait avec qui partager sa route et son chemin de vie.

AVEC TOI ET UNIQUEMENT TOI !

Mais quelle foutaise tout ça ! Car je n’ai rien su faire ni même dire ne serait-ce qu’un mot, qu’une parole qui aurait pu changer la donne. Mais toi petit peureux que tu es, tu préfères vivre dans le néant que dans la plénitude de cet amour jamais ressenti pour aucune autre femme que celle qui te fait écrire tous ces mots à cet instant …

Je t’aime et c’est ça que j’aurais dû retenir au lieu de penser qu’à moi. Au lieu de me dire que tu resterais quoi qu’il arriverait. Mais pour qui t’ai-je pris ? Tout ce que j’ai fait, c’est sous-estimer ta valeur, le seul acte d’ailleurs, où je n’ai fait que régner en maître. Je te demande pardon même s’il est trop tard et que je ne souhaite absolument pas te reprendre ta liberté car c’est la seule chose qui m’apaise aujourd’hui. Te savoir seul ou avec lui, heureuse et surtout sans moi, sans ce poison qui t’as paralysé durant toutes ces années. Je t’aime d’un amour aussi profond que j’ai enfin compris ce que c’était de laisser sa place pour que toi, ma belle dame, tu reprennes goût à la vie et que le bonheur enfin te sourit.

Ma vie, la prunelle de mes yeux, où es-tu et surtout quel homme ose te toucher, te parler d’amour, d’avenir et vouloir plus que partager des étreintes éternelles avec toi ? Cet homme qui saura reconnaître ta valeur, cet homme qui rendra tes rêves réels, dont celui d’enfanter et de le rendre père. C’était ma place durant toutes ces heures, c’était mon rôle de te rendre heureuse mais je n’ai su que te traiter comme une personne insignifiante qui ne servait qu’à décorer mon royaume et pire encore apaiser ma solitude.

Merci à celui qui reprendra ma place et qui l’a déjà convoitée, car une femme comme toi n’importe quel homme se battrait pour partager une seconde à ses côtés. Sois heureuse et ne crois pas que tous mes semblables sont aussi cons et lâches que moi. Envole toi de tes propres ailes car je garderai toujours un oeil sur toi, toujours et ne l’oublie jamais.

Je mérite ton départ, ton abandon. Je mérite de baigner mes écrits par ses larmes étouffées car un homme ça ne pleure pas…

Et puis merde à quoi bon continuer de prétendre que je suis intouchable, à quoi bon chercher des mots qui résonnent fièrement comme un déni du mal être que je ressens. Tu m’as brisée, mais au fond je le prédisais, le jour même où tes lèvres se sont posées sur les miennes. Ton odeur, ta pureté et cette gentillesse me donnaient cette envie de lâcher prise mais impossible pour un homme au coeur fusillé comme le mien.

La peur prônait en reine, elle me chantait de ne pas plier, de ne pas céder à la tentation, d’être moi sans toutes ces phases de dureté que je te transmettais jours et nuits. Mais je n’y arrivais pas malgré les innombrables pas que tu as réalisés pour moi. J’ai choisi de rester sur mes gardes et de ne pas baisser les armes.

J’entendais les échos de tes sanglots, je mourrais de chagrin de n’avoir jamais su te prendre dans mes bras pour éteindre l’empreinte de tes doutes. Je ne faisais rien, juste me convaincre de ne pas te laisser tomber amoureuse de moi car je ne méritais aucunement ton amour.

Je me hais, sache-le !

Pour rien au monde, j’essaierai de chercher à me pardonner car cette douleur, je souhaite la vivre à chacune des secondes de ma vie qui s’écoule pour payer le prix de t’avoir perdu et d’avoir choisi de ne pas t’avoir retenue.

À la vie, à la mort…je ne t’oublierai jamais même si je ne te reverrai plus jamais !!